general report 2001
Les travaux scientifiques récents
et les publications qui sont liées ont porté sur différents
domaines, notamment dans le contexte de la société de l'information
qui constitue la toile de fond de nombreux travaux et articles. C'est un domaine
émergent dont les résultats ne donnent pas forcément lieu
à des publications. En effet, ils sont valorisés dans des articles
de presse, sur des sites internet ou encore par la création d'un site.
De ce fait, il est difficile d'identifier les auteurs et les publications.
Ce document n'a pas la prétention d'être exhaustif, mais de fournir
un aperçu du domaine des services et des NTIC en insistant sur des points
saillants de la problématique en Suisse.
E-ADMINISTRATION
Le premier domaine qui apparaît est celui de l'administration publique
face aux NTIC. C'est toute la problématique de la e-administration, du
e-gouvernement. En fait, c'est surtout l'utilisation d'internet dans l'administration
publique, dans la relation des collectivités publiques envers les citoyens,
du guichet unique et virtuel
Toute une série de publications sont présentées sur le
site de la société de l'information de la Confédération
helvétique : ISPS.CH. dont le rapport de février 1998 " pour
une société de l'information en Suisse " dresse un panorama
complet de la question en Suisse. Un nouveau rapport est en préparation
et les travaux relatifs sont sur le site : www.Isps.ch
Une publication de l'IDHEAP résultant de recherches menées par
J.-L. Chappelet et K. Horber-Papazian illustre le domaine (www.ihdeap.unil.ch)
Une enquête sur la cyber-administration a permis de dresser un état
des lieux de l'utilisation des NTIC auprès des collectivités publiques
diverses. Ces informations se trouvent sur le site www.gov.ch
Sur le thème du guichet unique, mentionnons l'étude de P. Bonzon
de l'université de Lausanne (HEC/Institut informatique et d'organisation,
BFSH1, 1015 Lausanne) qui porte sur les administrations publiques face aux NTIC
: modélisation et implantation d'un guichet virtuel unique.
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FORMATION
Le second domaine à mentionner est celui de la formation. Les NTIC contribuent
à l'évolution de ce secteur. En Suisse mentionnons le projet "
Swiss vitual campus " soutenu par l'office fédéral de la
formation et de la technologie (OFFT) et les universités et qui vise
à contribuer à la formation supérieure via internet. Là
aussi de nombreuses publications sont disponibles sur le site www.virtualcampus.ch
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LE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL
Dans le domaine du développement territorial ou régional, de nombreux
projets sont développés et donnent lieu à de nombreux articles
que l'on retrouve sur plusieurs sites internet. Les NTIC ont permis le développement
de quelques expériences de développement régional et de
mise en valeur de ressources locales. Deux sites présentent les principaux
projets : www.regioplus.ch et www.eregio.ch
Une recherche en cours à la C.E.A.T sur les " NTIC et développement
régional " dans le cadre du programme COST A-14 sur la régulation
des TIC, tentera de dresser un bilan des principales expériences en Suisse.
La publication est prévue pour 2002.
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NOUVELLES APPLICATIONS DES NTIC
Pour cet aperçu, nous avons identifié quelques publication s'inscrivant
dans la logique de " l'état de la recherche " annuel du RESER.
Le premier est l'œuvre de l'équipe tessinoise de l'IRE de l'université
de la Suisse italienne de Lugano, avec R. Ratti et R. Maggi qui cherche à
identifier les nouvelles applications des NTIC dans l'économie du Tessin
et d'en mesurer les impacts.
Mentionnons également les travaux de A.R. Probst de l'Institut informatique
et d'organisation de l'université de Lausanne qui portent sur le télétravail
et les entreprises virtuelles
Dans le domaine financier, des travaux sont réalisés par B. Raffounier
de l'université de Genève (recherche FNRS 2000) sur l'utilisation
d'internet dans la communication financière des entreprises.
La prochaine publication résultant du 3° cycle de la C.E.A.T. "
NTIC et territoires : enjeux territoriaux des NTIC " (Presses polytechniques
et universitaires romandes, Lausanne) résume assez bien la problématique
des NTIC, notamment dans leurs impacts spatiaux et pour les collectivités
publiques. Le compte-rendu ci-joint en présente le contenu et soulignons
que la publication contient les références bibliographiques importantes
sur cette problématique.
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DU NUMERIQUE AU VIRTUEL : CADRAGE
(Luc VODOZ)
Internet, téléphonie mobile, courrier électronique, technologies
de réalité virtuelle, systèmes d'information géographique,
navigation géoréférencée, vidéosurveillance,
multimédia, serveurs, antennes, satellites, fibre optique et autres autoroutes
de l'information.: avec le développement effervescent de la numérisation
des données, les nouvelles technologies de l'information et de la communication
(NTIC) se sont installées dans notre quotidien
Or cette évolution n'est certainement pas neutre pour nos conceptions
et nos pratiques du temps ou de l'espace - postulat trivial qui a incité
la C.E.A.T. à s'intéresser de plus près aux enjeux territoriaux
des NTIC, à en esquisser une problématique, puis à mettre
sur pied, au printemps 2001, le séminaire de 3e cycle dont le présent
ouvrage constitue la mémoire.
L'objectif de cette introduction est double : il s'agit d'une part d'expliciter
le fil conducteur de nos réflexions et les questionnements qui le sous-tendent,
d'autre part de présenter succinctement le déroulement logique
de l'ouvrage.
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Fil conducteur : les enjeux territoriaux des NTIC
A la fois quantitative et qualitative, l'expansion fulgurante des technologies
de l'information et de la communication et la diffusion exponentielle de leurs
usages constituent aujourd'hui une tendance lourde dans les sociétés
occidentales, voire à l'échelle planétaire. Cette tendance
semble promise à perdurer encore, du moins pour autant qu'elle continue
à receler des enjeux économiques et financiers majeurs.
Dans pratiquement tous les domaines de l'activité humaine, le constat
de l'émergence d'un nouveau paradigme socio-technique est largement partagé:
on évoque sans cesse la "révolution informationnelle",
et on essaie de conceptualiser ce que serait la "société
de l'information" actuelle et future.
Depuis une bonne dizaine d'années, les économistes régionaux,
géographes, politologues, sociologues, aménagistes-urbanistes
et autres spécialistes des questions territoriales se préoccupent
des effets des NTIC sur notre fonctionnement spatial. Cependant, l'analyse systématique
des enjeux territoriaux de ces technologies n'est encore qu'un vaste chantier
béant, dans lequel le ballet des engins méthodologiques et scientifiques
peine à se départir d'une série de mythes et de postulats
contradictoires.
Les distances s'évaporent, les lieux se télescopent, les temporalités
s'effritent, l'instantanéité règne. Tout et chacun sont
atteignables ici et maintenant, la proximité se fait fusion, la mobilité
explose, les territoires se meurent... Vraiment ?
Le développement du chemin de fer, au 19e siècle, avait justifié
les prédictions d'une véritable révolution sociale, la
rapidité et l'aisance des communications autorisant l'émergence
d'intenses relations socio-politiques à large échelle, devant
conduire les populations sur une nouvelle agora, où la symbiose de tous
les citoyens serait garante d'une nouvelle ère, pétrie d'harmonie
et de consensus. Le téléphone, la radio, la télévision
ont tour à tour induit les mêmes fantasmes, les mêmes utopies,
les mêmes démentis et les mêmes déceptions.
Il ne s'agit donc pas, dans ce livre, de faire l'éloge du futur radieux
de la "société de l'information", pas plus qu'il ne
s'agit de broyer toutes les espérances placées dans les NTIC.
Beaucoup plus modestement, nous tentons de mettre en évidence - tant
par l'examen de pratiques concrètes que par l'élaboration de perspectives
théoriques - quelques-uns des enjeux que recèle le développement
des NTIC, en réglant notre focale sur la dimension territoriale de ces
enjeux. C'est ainsi à égale distance de l'optimisme béat
des promoteurs des NTIC et du pessimisme renfrogné des pourfendeurs de
la globalisation informationnelle que nous nous sommes efforcés de cheminer.
Quels sont les atouts et les handicaps des NTIC pour l'acteur public, pour son
organisation et son fonctionnement ? Quels sont les opportunités et les
risques que leur développement induit ? Quels défis sont-ils en
train de poindre, comment l'Etat peut-il les prendre en compte ? Quelles anticipations
sont-elles nécessaires, pour viser quels objectifs, avec quelles stratégies
? Au-delà des effets du développement des NTIC sur les processus
d'appropriation des territoires et des enjeux collectifs qui en découlent,
ce sont donc aussi les responsabilités, les ressources, ainsi que le
rôle et la marge de manœuvre des pouvoirs publics à cet égard
que nous allons investiguer.
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Logique de l'ouvrage
Outre le fait qu'ils concernent les acteurs aussi bien individuels que collectifs,
privés que publics ou partenariaux, les effets et impacts du développement
des NTIC peuvent sociologiquement être abordés d'un triple point
de vue : celui de l'organisation des systèmes de production, celui de
l'organisation socio-politique, et enfin celui de l'organisation publique ou
étatique.
Les contributions assemblées dans cet ouvrage abordent tour à
tour les changements survenant dans chacune de ces trois sphères (économique,
socio-politique et étatique), en alternant présentations d'études
de cas et apports théoriques, descriptions et réflexions prospectives.
Quelques notions-clefs apparaissent de manière récurrente, chapitre
après chapitre, refrains à plusieurs voix qui tiennent lieu de
grille d'analyse : la proximité, la centralité, la mobilité,
l'accessibilité, les échelles spatiales et la territorialité,
les espaces fonctionnels et institutionnels, ou encore la citoyenneté.
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Les trois parties du livre
Dans la première partie du livre, outre quelques définitions et
conceptualisations contribuant à circonscrire sa thématique, l'accent
est mis sur les conséquences des NTIC pour les activités commerciales,
l'économie régionale et le développement territorial, sur
la dimension régionale des territoires de l'information, ainsi que sur
les enjeux des NTIC en termes de processus d'appropriation des territoires.
La deuxième partie aborde quelques applications pratiques des NTIC, du
télétravail à l'usage des systèmes d'information
géographique, en passant par les domaines de la formation, de la santé,
du secteur financier, ou encore de la participation en aménagement du
territoire.
La troisième partie de l'ouvrage est centrée davantage sur les
aspects politiques et institutionnels, avec l'évocation des enjeux citoyens,
des implications des NTIC pour le fonctionnement des administrations, de la
mise en œuvre de pratiques démocratiques par voie électronique,
et plus globalement des stratégies étatiques en matière
de développement des NTIC.
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Contenu de la première
partie
Bien qu'elles constituent le socle matériel essentiel sur lequel se construit
la " société de l'information", les avancées
technologiques sur lesquelles s'appuient les nouvelles pratiques socio-territoriales
ne sont que brièvement abordées: l'outillage est relégué
au second plan, derrière les usages qui en sont faits. L'article de François
Golay (chap. 1) offre néanmoins un petit panorama de quelques-unes des
NTIC les plus récentes, de leurs caractéristiques et de leurs
développements prévisibles, avec un accent plus particulier sur
les systèmes d'information territoriale et leurs potentialités.
Passant en revue les investigations de nombreux auteurs quant au concept de
" proximité", André Torre montre (chap. 2) le caractère
récent de leur application sous l'angle davantage organisationnel que
spatial. Alain Rallet (chap. 3) met alors en évidence les enjeux du développement
du commerce électronique, en particulier pour les formes d'organisation
spatiale du commerce de détail.
Après avoir rappelé ce que recouvrent les notions de territoire
et de territorialisation, Ruggero Crivelli aborde (chap. 4) les rapports entre
le temps et l'espace, en mettant l'accent sur les échelles qui leur sont
applicables. Etudiant la vidéosurveillance de l'espace public, Francisco
Klauser esquisse dès lors (chap. 5) un questionnement autour de l'émergence
de cette forme particulière d'appropriation spatiale.
Alors qu'Anne Nguyen Huynh analyse (chap. 6) l'incidence des NTIC pour le développement
territorial d'une part, pour les collectivités publiques (e-Gouvernement)
de l'autre, François Parvex relate (chap. 7) les résultats d'une
enquête portant sur les potentialités de ces technologies, plus
spécifiquement en régions rurales. En revanche, François
Gross fait part (chap. 8) de considérations peu optimistes sur l'impact
des NTIC pour les médias régionaux, et plus globalement sur l'évolution
des pratiques informationnelles et communicationnelles qui y sont liées.
Enfin, Xavier Piolle replace (chap. 9) les enjeux des NTIC dans une perspective
diachronique, relativisant leur importance dans un contexte de déterritorialisation
préalable.
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Contenu de la deuxième
partie
La deuxième partie de l'ouvrage est consacrée à quelques
applications des NTIC pour les activités socio-économiques quotidiennes,
ainsi que pour des politiques et projets à forte composante territoriale.
En définissant rigoureusement les diverses facettes du télétravail,
Martine Buser explicite (chap. 10) le fossé qu'il y a entre ambitions
et réalités. Elaine Mc Murray explicite (chap. 11) les enjeux
des NTIC en matière de formation, au niveau universitaire, alors que
Martin Bernhardt ébauche (chap. 12) quelques perspectives émergeant
dans le domaine de la santé. Cependant, avec le cas du secteur financier,
Olivier Crevoisier met en question (chap. 13) la nouveauté des pratiques
induites par les NTIC.
Sur les rives du Lac Léman, la Ville de Nyon a choisi de mettre les NTIC
à profit pour l'information et la participation de la population en matière
d'aménagement du territoire, ce que nous décrivent (chap. 14)
Espero Berta et Nathalie Pagano. D'autre part, Luigi Cortese et Willy Cretton
relatent (chap. 15) la mise sur pied d'un système d'information géographique
ayant la particularité de couvrir un territoire trinational, alors que
Philippe Brun présente (chap. 16) les efforts de démocratisation
de l'accès aux données territoriales consentis par le Canton de
Genève.
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Contenu de la troisième
partie
Les règles et modalités traditionnelles du jeu politique sont
naturellement susceptibles d'être ébranlées par le recours
aux NTIC. Luc Vodoz tente (chap. 17) d'identifier ce qu'il en est sur le plan
des pratiques citoyennes au niveau individuel, alors que Jean Ruegg, Patricia
Comby et David Dousse investiguent (chap. 18) les enjeux territoriaux des NTIC
pour les mouvements sociaux.
Avec Eric Brousseau, c'est la problématique de la régulation des
NTIC qui est examinée (chap. 19), tandis que Bernard Ayer trace (chap.
20) les contours du cadre institutionnel helvétique déterminant
dans ce domaine, en évoquant la stratégie de la Confédération
suisse relative à ces nouvelles technologies.
Tant les structures que les pratiques administratives sont chamboulées
par le développement des NTIC. Dans une perspective empreinte de scepticisme,
Jacques Guyaz met le doigt (chap. 21) sur les facteurs qui conditionnent les
mutations internes des administrations, alors que Jean-Philippe Trabichet explique
(chap. 22) les atouts que le site Internet de l'Etat de Genève comporte
pour l'administration cantonale genevoise, notamment sous l'angle des relations
qu'elle entretient avec ses usagers. Quant à Matthias Finger, il explore
(chap. 23) les liens entre introduction des NTIC, réforme de l'Etat et
relations que celui-ci entretient avec les citoyens, apportant un éclairage
théorique sur les nouveaux modes de pilotage de la société
que les NTIC pourraient autoriser.
Précédant la synthèse finale, les derniers chapitres du
livre abordent les enjeux territoriaux des NTIC du point de vue des pratiques
démocratiques, ainsi que des stratégies étatiques dans
ce domaine. Yves Steiner se livre (chap. 24) à une analyse critique des
priorités stratégiques du gouvernement suisse à cet égard;
et Daniel J. Caron traite (chap. 25) de l'expérience canadienne, déjà
très riche et variée en matière de "cybergouvernement".
Enfin, Thierry Vedel propose (chap. 26) une analyse systématique des
enjeux socio-territoriaux liés au développement des NTIC, sur
la base d'une étude comparative des pratiques de diverses villes françaises
investissant dans les NTIC.